Comprendre la Grande Guerre — 04
1915, guerre de mouvement, attrition et grandes batailles
Comment une guerre qui devait être courte devient-elle, dès 1915, un conflit industriel, mondial et durable ? Quelles grandes batailles marquent l'année 1915 ?
Après les offensives et les mouvements de l'été et de l'automne 1914, l'année 1915 marque une transformation fondamentale de la Première Guerre mondiale. Sur le front occidental, les armées s'installent durablement dans des systèmes de tranchées qui deviennent de plus en plus complexes.
Les offensives françaises et britanniques cherchent encore à rompre le front allemand. Mais la puissance combinée des mitrailleuses, de l'artillerie, des réseaux de barbelés et des positions fortifiées rend les percées extrêmement difficiles.
Dans le même temps, la guerre s'étend. Les combats des Dardanelles, le front russe, l'entrée en guerre de l'Italie, la campagne de Serbie et l'installation des Alliés à Salonique montrent que le conflit est désormais véritablement mondial.
1915 est l'année où la guerre de mouvement laisse progressivement place à une guerre d'usure.
Les états-majors espèrent encore obtenir une rupture du front par des offensives massives. Mais les batailles d'Artois et de Champagne montrent la difficulté de transformer une préparation d'artillerie en véritable percée stratégique.
La guerre change également de nature. Les gaz de combat sont employés à grande échelle, l'artillerie lourde prend une place croissante, les réseaux de tranchées se perfectionnent et les combattants doivent affronter non seulement les balles et les obus, mais aussi la boue, le froid, les maladies, la fatigue et l'épuisement moral.
De la guerre de mouvement à la guerre de position
À la fin de 1914, le front occidental s'est progressivement stabilisé de la mer du Nord à la frontière suisse. Les opérations de débordement menées pendant la « course à la mer » n'ont pas permis aux deux camps de prendre l'avantage décisif recherché.
Les armées commencent alors à transformer leurs positions provisoires en systèmes défensifs de plus en plus élaborés. La tranchée n'est pourtant pas une nouveauté absolue de 1915 : elle existe déjà dans plusieurs conflits antérieurs et s'est imposée sur le front occidental dès l'automne 1914.
Ce qui change en 1915 est son degré de perfectionnement. Les premières lignes sont reliées à des lignes de soutien, à des boyaux de communication, à des postes de commandement, à des abris et à des emplacements d'artillerie.
L'objectif n'est plus seulement de creuser un fossé dans le sol. Il s'agit désormais de construire un véritable système défensif capable de résister à un bombardement puis de ralentir ou d'arrêter l'infanterie ennemie.
Pourquoi est-il si difficile de percer ?
Une attaque doit franchir plusieurs obstacles successifs : un bombardement préparatoire, les réseaux de barbelés, les tirs de mitrailleuses, les tranchées de première ligne, les positions de soutien puis les réserves ennemies.
Même lorsqu'une unité conquiert une position, elle doit ensuite la conserver, la ravitailler et faire parvenir des renforts à travers un terrain souvent bouleversé par les obus.
L'installation durable dans les tranchées
En 1915, la vie du combattant est organisée autour de plusieurs espaces. La première ligne est la plus exposée aux tirs ennemis, mais elle n'est pas la seule à être dangereuse.
Derrière elle se trouvent les tranchées de soutien, les boyaux de communication et les zones où stationnent les réserves. Plus loin, les postes de commandement, les batteries d'artillerie, les dépôts et les services sanitaires constituent l'arrière immédiat du front.
Les soldats connaissent ainsi une alternance entre périodes de présence en première ligne, repos relatif, travaux de terrassement, transport de matériel et retour au combat.
La guerre souterraine se développe également. Dans certains secteurs, les sapeurs creusent des galeries sous les positions adverses afin d'y placer des charges explosives. Les explosions de mines peuvent détruire une tranchée entière et créer des cratères qui deviennent eux-mêmes de nouveaux champs de bataille.
En Artois, notamment autour de Carency et de Notre-Dame-de-Lorette, la guerre de mines accompagne ainsi les combats de surface.
La première bataille de Champagne
L'hiver 1914-1915 ne signifie pas l'arrêt des opérations. Dans plusieurs secteurs du front occidental, les Français cherchent à améliorer leurs positions et à tester les défenses allemandes.
Première bataille de Champagne
Le déclenchement de l'offensive
Le secteur de Champagne présente un intérêt stratégique. Les positions allemandes y sont fortement organisées et les Français cherchent à améliorer leurs positions tout en testant la possibilité d'une rupture.
Les attaques commencent en février. L'artillerie française prépare les positions adverses avant les assauts de l'infanterie. Les combats se concentrent notamment autour de Perthes-lès-Hurlus, Beauséjour et Massiges.
Une offensive qui révèle les difficultés de la guerre de position
Les premiers succès locaux ne se transforment pas en percée. Lorsque les fantassins prennent une position allemande, ils découvrent souvent une seconde ligne défensive située quelques centaines de mètres plus loin.
Les Allemands disposent également de réserves capables de contre-attaquer les secteurs menacés. Le terrain gagné est donc difficile à conserver et les combats se transforment progressivement en une succession d'attaques et de contre-attaques.
La bataille s'achève le 17 mars sans rupture du front. Elle constitue néanmoins une expérience importante pour les états-majors français : l'artillerie doit être renforcée, les communications améliorées et la coordination entre infanterie et artillerie repensée.
La deuxième bataille d'Ypres et l'apparition des gaz de combat
Au printemps 1915, les Alliés et les Allemands continuent de s'affronter dans les Flandres autour du saillant d'Ypres.
Deuxième bataille d'Ypres
Le contexte
Ypres constitue un point stratégique du front allié en Belgique. Les Allemands cherchent à réduire le saillant allié et à améliorer leurs positions dans les Flandres.
Le 22 avril : le chlore
Le 22 avril 1915, les forces allemandes utilisent pour la première fois à grande échelle sur le front occidental un nuage de chlore libéré depuis des bouteilles disposées près des lignes.
Le gaz, entraîné par le vent, se dirige vers les positions alliées. Les soldats exposés souffrent de graves difficultés respiratoires et de lésions pulmonaires.
L'emploi du chlore constitue un choc pour les combattants. Il révèle également une nouvelle dimension de la guerre industrielle : la volonté de mettre la chimie au service de la destruction.
Les combats après l'attaque au gaz
L'emploi du chlore ne permet toutefois pas aux Allemands d'obtenir la percée espérée. Les unités alliées parviennent à maintenir une partie du front malgré les pertes et le désordre provoqués par l'attaque.
Les combats se poursuivent pendant plusieurs semaines. Les Britanniques, les Canadiens et les unités françaises engagées dans le secteur subissent de lourdes pertes.
Une nouvelle arme, mais pas une arme décisive
Les gaz deviennent progressivement un élément permanent du conflit. Leur emploi entraîne la mise au point de protections spécifiques, notamment les premiers systèmes de masques et de filtres.
La guerre chimique ne remplace donc pas l'artillerie et l'infanterie : elle devient une composante supplémentaire d'une guerre d'attrition déjà extrêmement meurtrière.
L'offensive d'Artois : reprendre l'initiative
Le printemps 1915 voit le commandement français concentrer une partie de ses forces dans le nord de la France. L'Artois présente un intérêt particulier : les hauteurs de Notre-Dame-de-Lorette et de Vimy dominent les plaines environnantes et les voies de communication vers Lens et le bassin minier.
Le général Joseph Joffre souhaite obtenir une rupture du front allemand. Le général Ferdinand Foch coordonne le groupe d'armées chargé de l'opération et la 10e armée du général d'Urbal doit mener l'offensive principale.
La deuxième bataille d'Artois : Lorette, Vimy et le Labyrinthe
Offensive d'Artois
Le bombardement du 9 mai
Le 9 mai au matin, après plusieurs jours de préparation d'artillerie, l'infanterie française sort de ses tranchées. Le commandement espère que la puissance du bombardement a suffisamment désorganisé les positions allemandes pour permettre une progression rapide.
Dans plusieurs secteurs, les premières vagues françaises avancent effectivement très loin. Certaines unités parviennent à franchir les premières lignes allemandes et à pénétrer profondément dans le dispositif adverse.
Mais les résultats sont très inégaux selon les secteurs. Les bombardements n'ont pas détruit l'ensemble des défenses allemandes. Des mitrailleuses ont survécu dans les abris, tandis que les lignes de soutien et les réserves allemandes restent capables d'intervenir.
La situation devient rapidement difficile pour les unités françaises qui ont avancé. Elles doivent tenir les positions conquises, faire parvenir des munitions et recevoir des renforts à travers un terrain ravagé par l'artillerie.
Carency
Le village de Carency constitue l'un des points fortifiés les plus importants du secteur. Il ne s'agit pas simplement d'un village occupé par des soldats : les Allemands ont organisé autour de lui un véritable système défensif composé de tranchées, de boyaux, d'abris et de positions de mitrailleuses.
Les Français doivent donc progresser méthodiquement. Les bombardements bouleversent les rues et les bâtiments, mais les défenseurs peuvent se protéger dans des abris et réapparaître lorsque les fantassins français approchent.
Les combats se poursuivent pendant plusieurs jours. Les soldats français progressent dans les tranchées et les ruines, tandis que les Allemands tentent de conserver leurs positions et lancent des contre-attaques.
La conquête de Carency montre déjà le caractère particulier de cette offensive : même lorsqu'un objectif important est atteint, sa prise exige des combats prolongés et coûteux.
Notre-Dame-de-Lorette
La hauteur de Notre-Dame-de-Lorette domine une partie importante du secteur de l'Artois. Sa position élevée permet aux défenseurs d'observer les mouvements ennemis et de contrôler les approches. Pour les Français, sa conquête représente donc un objectif essentiel.
Les combats autour de la hauteur sont particulièrement difficiles. Les soldats doivent franchir des réseaux de barbelés et progresser contre des positions fortifiées protégées par des mitrailleuses et soutenues par l'artillerie.
La hauteur n'est pas constituée d'un seul objectif. Elle comprend plusieurs positions et ouvrages qui doivent être conquis successivement. Une unité peut prendre une tranchée tout en restant exposée aux tirs provenant d'une position voisine encore tenue par les Allemands.
Les combats autour de la chapelle et de la crête prennent ainsi la forme d'une succession d'attaques, de contre-attaques et de consolidations. Les Français doivent non seulement conquérir le terrain, mais aussi organiser immédiatement les positions prises pour résister aux réactions allemandes.
La possession de la hauteur constitue donc un avantage important, mais elle ne signifie pas la fin des combats. Les tirs d'artillerie continuent de frapper les positions nouvellement conquises et rendent leur organisation particulièrement difficile.
La conquête de Notre-Dame-de-Lorette s'inscrit finalement parmi les principaux succès territoriaux français de l'offensive d'Artois, mais elle ne permet pas à elle seule de provoquer la rupture générale recherchée par le commandement français.
Neuville-Saint-Vaast et le Labyrinthe
Plus au sud, Neuville-Saint-Vaast constitue un autre objectif majeur de l'offensive. Le village se trouve au cœur d'un ensemble de positions allemandes qui protègent les accès vers la crête de Vimy et les secteurs situés plus au nord.
Les Allemands ont transformé le secteur en une position défensive particulièrement dense. Les tranchées sont reliées par des boyaux de communication et accompagnées d'abris, de postes de mitrailleuses et de nombreuses positions de soutien.
Lorsque l'infanterie française attaque, elle ne rencontre donc pas une seule ligne de défense. Après avoir franchi une première tranchée, les soldats doivent encore affronter d'autres positions situées en arrière.
Le village lui-même est profondément bouleversé par les bombardements. Les maisons détruites, les caves et les murs effondrés deviennent des éléments du champ de bataille. Les ruines peuvent servir de protection aux défenseurs, mais elles compliquent également considérablement la progression des assaillants.
Au nord-est de Neuville-Saint-Vaast se trouve le secteur bientôt connu sous le nom de « Labyrinthe ». Ce nom s'explique par l'extrême complexité du réseau défensif allemand.
Les tranchées et les boyaux s'y croisent dans toutes les directions. Les lignes de défense sont imbriquées les unes dans les autres et les positions sont reliées par des communications souterraines ou protégées.
Pour les soldats français qui doivent s'y engager, le problème n'est donc pas seulement de gagner du terrain. Il faut également comprendre l'organisation du dispositif adverse, identifier les positions encore occupées et empêcher les défenseurs de reprendre les ouvrages conquis.
Les combats prennent alors une forme extrêmement rapprochée. Une tranchée conquise peut être soumise immédiatement à une contre-attaque. Les soldats progressent parfois de quelques dizaines de mètres seulement avant de rencontrer une nouvelle ligne de résistance.
La guerre souterraine joue également un rôle dans ce secteur. Les sapeurs creusent des galeries sous les positions adverses afin de placer des charges explosives. Les explosions bouleversent le terrain et détruisent certaines parties des tranchées, mais les cratères qu'elles créent deviennent eux-mêmes de nouveaux points de combat.
La conquête de Neuville-Saint-Vaast est finalement obtenue au terme de combats très violents. Mais la prise du village ne signifie pas que toute la position allemande est détruite : les combats continuent autour du Labyrinthe et des positions voisines.
Pourquoi le Labyrinthe est-il si difficile à conquérir ?
Le Labyrinthe illustre parfaitement la profondeur des défenses de la guerre de position. Les soldats ne doivent pas franchir une seule tranchée, mais un ensemble de lignes reliées entre elles.
La prise d'un ouvrage ne garantit donc pas la conquête du secteur. Tant que les positions voisines restent aux mains de l'adversaire, elles peuvent prendre sous leur feu les soldats qui viennent d'avancer.
Ablain-Saint-Nazaire et Souchez
Les combats se poursuivent également autour d'Ablain-Saint-Nazaire. Situé au pied de Notre-Dame-de-Lorette, le village constitue un élément important du dispositif défensif allemand.
Les bombardements ont progressivement détruit une grande partie des habitations. Les soldats français doivent avancer dans les ruines, où les caves, les murs et les bâtiments effondrés peuvent encore servir de positions défensives.
La progression est donc lente. Les unités françaises conquièrent successivement des secteurs du village et de ses environs, tout en devant faire face aux tirs allemands et aux contre-attaques.
Plus au sud, Souchez constitue un objectif encore plus important. Le village commande plusieurs voies de passage et se trouve au centre du dispositif allemand entre Notre-Dame-de-Lorette et la crête de Vimy.
Les défenses allemandes autour de Souchez sont profondément organisées. Les attaques françaises permettent de progresser dans certains secteurs, mais la résistance demeure forte.
Les combats autour de Souchez deviennent ainsi une succession de combats pour des tranchées, des boyaux, des positions d'artillerie et des ruines. Chaque gain territorial doit être consolidé avant de pouvoir poursuivre l'avance.
Souchez reste par conséquent l'un des principaux points de résistance de l'Artois et concentre une part importante des combats de mai et de juin 1915.
La crête de Vimy
Plus à l'est, la crête de Vimy constitue l'un des objectifs stratégiques majeurs de l'offensive. Sa position dominante offre aux Allemands un avantage important pour observer le terrain et organiser leurs tirs.
Les Français cherchent donc à atteindre et à conquérir progressivement les positions de la crête. Mais les défenses allemandes sont profondes et protégées par plusieurs lignes de tranchées.
Les attaques françaises permettent de gagner du terrain dans plusieurs secteurs, mais les positions allemandes restent suffisamment solides pour empêcher une rupture générale.
La crête de Vimy devient ainsi un exemple supplémentaire du problème rencontré par les offensives de 1915 : une position dominante peut être attaquée et partiellement conquise, mais sa prise complète nécessite une progression méthodique à travers un système défensif en profondeur.
Les combats de juin
Au mois de juin, les opérations ne s'arrêtent pas après les premiers succès du mois de mai. Les Français cherchent à exploiter les positions conquises et à poursuivre leur progression vers Souchez, Neuville-Saint-Vaast et les hauteurs de Vimy.
Les Allemands, de leur côté, renforcent leurs lignes et lancent régulièrement des contre-attaques afin de reprendre les positions perdues.
Dans ce contexte, le front devient extrêmement morcelé. Certaines unités avancent pendant que d'autres doivent défendre les positions récemment conquises. Les pertes s'accumulent sans que la ligne générale du front ne se déplace de manière décisive.
Une opération est également menée plus au sud, autour d'Hébuterne, afin de fixer une partie des forces allemandes et de limiter leurs possibilités de renforcer les secteurs attaqués.
Le 16 juin, une nouvelle attaque française est lancée. Elle permet encore quelques gains locaux, mais la résistance allemande empêche une nouvelle fois toute percée stratégique.
À mesure que les semaines passent, l'offensive perd son élan initial. Les hommes sont épuisés, les munitions sont consommées à un rythme considérable et les défenses allemandes ont été renforcées.
Le 25 juin, l'offensive de grande ampleur prend fin. Les combats ne disparaissent évidemment pas du secteur, mais l'espoir d'une rupture décisive du front s'est évanoui.
Les pertes
Pour la période du 9 mai au 25 juin, le ministère des Armées estime les pertes françaises à environ 102 500 hommes, en incluant les tués, blessés, disparus et prisonniers.
Ce chiffre doit donc être compris comme un chiffre de pertes et non comme un nombre de morts.
La deuxième bataille d'Artois constitue ainsi l'une des démonstrations les plus frappantes de la guerre d'attrition : des centaines de milliers d'hommes sont engagés, des quantités considérables de munitions sont consommées et plusieurs positions sont conquises, mais le front reste globalement intact.
Artois, Loos et Champagne : les offensives de septembre
Après les échecs du printemps, les Alliés ne renoncent pas à l'idée d'une rupture. L'objectif reste d'obliger les Allemands à engager leurs réserves sur plusieurs secteurs afin de créer une brèche.
Le 25 septembre 1915, les Français attaquent en Champagne et relancent simultanément les opérations en Artois. Les Britanniques attaquent également dans le secteur de Loos.
La troisième bataille d'Artois
Une offensive coordonnée
Le 25 septembre, les attaques françaises et britanniques commencent simultanément. En Artois, la 10e armée française reprend l'offensive tandis que les Britanniques attaquent vers Loos-en-Gohelle.
Les Français devant Souchez
Les combats permettent aux Français de progresser autour de Souchez et de reprendre certaines positions.
Mais les Allemands disposent désormais d'un système défensif beaucoup plus profond. Les réserves interviennent rapidement et les gains réalisés au premier jour ne peuvent être transformés en percée.
Loos : l'emploi britannique des gaz
Dans le secteur de Loos, les Britanniques utilisent à leur tour des gaz afin d'appuyer leur attaque. L'emploi de cette arme se révèle cependant dépendant des conditions météorologiques et ne produit pas le résultat stratégique attendu.
Les combats sont particulièrement violents et les pertes sont importantes.
L'arrêt de l'offensive
Au début du mois d'octobre, les attaques s'essoufflent. Le 12 octobre, l'offensive d'Artois est pratiquement arrêtée.
Les résultats territoriaux restent limités. Les Alliés n'ont pas obtenu la rupture recherchée.
La deuxième bataille de Champagne
Une offensive préparée pendant plusieurs semaines
Après les offensives du printemps 1915, le commandement français cherche à reprendre l'initiative sur le front occidental. La Champagne apparaît comme l'un des secteurs dans lesquels une offensive de grande ampleur peut être organisée.
Le terrain est cependant loin d'être favorable. Les Allemands ont progressivement transformé leurs positions en un système défensif organisé en profondeur. Les premières tranchées sont soutenues par des lignes de soutien, des abris, des boyaux de communication et des positions de mitrailleuses.
Pendant plusieurs semaines, les Français concentrent donc des troupes, des pièces d'artillerie et des munitions dans le secteur. L'objectif est de disposer d'une puissance de feu suffisante pour détruire les défenses allemandes avant l'assaut de l'infanterie.
Le commandement français espère cette fois parvenir à obtenir une véritable rupture du front. L'idée est de profiter de la préparation d'artillerie pour enfoncer les premières lignes, puis d'engager rapidement les réserves afin d'exploiter la brèche avant que les Allemands puissent réorganiser leur défense.
Le 25 septembre : l'assaut français
Le 25 septembre 1915, après une importante préparation d'artillerie, l'infanterie française passe à l'attaque en Champagne.
Sur plusieurs secteurs, les premières vagues françaises progressent rapidement. Certaines unités franchissent les premières lignes allemandes, conquièrent des tranchées et capturent plusieurs milliers de prisonniers.
Dans les premières heures, les résultats semblent confirmer les espoirs du commandement français. Les défenses allemandes ont été sérieusement éprouvées et plusieurs positions avancées sont abandonnées ou conquises.
Mais cette progression ne provoque pas l'effondrement du front. Les positions allemandes situées en arrière du premier système défensif sont encore capables de résister. Les réserves allemandes commencent également à rejoindre les secteurs menacés.
Les premières lignes allemandes sont franchies
L'un des enseignements immédiats de la bataille est que la destruction d'une première ligne de tranchées ne suffit pas à provoquer une percée.
Les soldats français qui viennent de progresser doivent désormais traverser un terrain profondément bouleversé par les bombardements. Les communications sont difficiles, les boyaux sont parfois détruits et l'artillerie doit déplacer son tir afin de soutenir l'avance.
Cette situation ralentit considérablement la progression. Les unités de première ligne ont besoin de renforts, de munitions et de ravitaillement alors que les voies de communication sont elles-mêmes soumises au feu allemand.
Le temps nécessaire pour réorganiser les unités françaises donne parallèlement aux Allemands la possibilité de renforcer leurs positions situées en profondeur.
Les réserves allemandes interviennent
La réaction allemande constitue rapidement l'un des éléments déterminants de la bataille.
Les unités allemandes disponibles en arrière du front sont dirigées vers les secteurs attaqués. Elles permettent de compléter les positions défensives, de renforcer les secteurs menacés et de préparer des contre-attaques.
Les Français se trouvent alors confrontés à un problème déjà rencontré lors des offensives d'Artois : le succès obtenu contre la première ligne ne peut pas être exploité suffisamment rapidement.
Lorsque les troupes françaises atteignent les positions suivantes, celles-ci sont déjà occupées par des défenseurs renforcés. La progression se transforme donc progressivement en une succession d'attaques contre de nouvelles lignes allemandes.
Les combats pour les positions de seconde ligne
Dans les jours qui suivent l'attaque initiale, les Français cherchent à élargir les gains obtenus le 25 septembre.
Les combats se concentrent autour de plusieurs positions fortifiées de Champagne. Les soldats doivent progresser à travers des réseaux de tranchées et de boyaux qui ont été partiellement détruits par les bombardements mais restent suffisamment organisés pour permettre aux défenseurs de résister.
Les attaques sont souvent précédées de nouveaux tirs d'artillerie. Pourtant, l'efficacité de ces bombardements reste limitée par la profondeur des positions allemandes. Les soldats peuvent se protéger dans des abris et réoccuper les tranchées dès que le bombardement cesse.
Les Français doivent donc recommencer leurs attaques contre des positions qui ont eu le temps d'être renforcées.
Pourquoi la percée ne se produit-elle pas ?
Le problème n'est pas simplement de conquérir la première tranchée ennemie. Il faut ensuite progresser assez vite pour atteindre les positions suivantes avant l'arrivée des réserves adverses.
Or, les bombardements ont bouleversé le terrain, les communications sont difficiles et l'infanterie avance à pied sous le feu de l'artillerie et des mitrailleuses. Chaque heure gagnée par les défenseurs leur permet d'organiser une nouvelle résistance.
La profondeur du dispositif allemand transforme ainsi un succès tactique initial en une bataille d'usure.
Une bataille qui s'enlise
À mesure que les jours passent, l'élan de l'offensive diminue. Les premières conquêtes ne peuvent plus être transformées en progression rapide.
Les Français continuent cependant à attaquer afin d'améliorer leurs positions et de tenter d'obtenir de nouveaux gains. Chaque opération engage de nouvelles unités et nécessite d'importantes quantités de munitions.
Les Allemands, de leur côté, renforcent continuellement leurs défenses. Le front devient progressivement plus difficile à enfoncer et les contre-attaques permettent de reprendre certaines positions ou d'empêcher les Français de poursuivre leur progression.
Le résultat est caractéristique de la guerre de position : les deux armées consacrent des moyens considérables à des combats qui ne déplacent la ligne de front que de quelques kilomètres, parfois de quelques centaines de mètres.
Les combats se prolongent en octobre
En octobre, l'offensive française se poursuit sous une forme différente de celle imaginée au début de l'opération.
Il ne s'agit plus d'une progression rapide destinée à ouvrir une brèche dans le front allemand. Les opérations consistent désormais principalement à consolider les positions conquises, à attaquer certains secteurs encore occupés par l'adversaire et à repousser les contre-attaques allemandes.
Les conditions météorologiques rendent également les opérations plus difficiles. Les soldats doivent continuer à vivre et combattre dans des positions profondément bouleversées par plusieurs semaines de bombardements.
L'usure des unités devient de plus en plus importante. Les pertes s'accumulent tandis que les résultats territoriaux deviennent toujours plus faibles.
Les dernières attaques
Au cours des dernières semaines de la bataille, le commandement français cherche encore à améliorer les positions obtenues en septembre.
Mais les défenses allemandes sont désormais solidement réorganisées. Les nouvelles attaques françaises ne permettent plus d'obtenir les résultats des premiers jours.
Le 6 novembre 1915, la deuxième bataille de Champagne prend fin. Les Français ont conquis du terrain et infligé des pertes importantes à l'armée allemande, mais ils n'ont pas réussi à provoquer la rupture stratégique recherchée.
Des pertes considérables
La deuxième bataille de Champagne entraîne des pertes extrêmement importantes pour les deux camps. Les chiffres varient selon les sources et selon la manière dont sont comptabilisés les tués, blessés, disparus et prisonniers.
L'ampleur des pertes illustre cependant le coût humain de la stratégie offensive mise en œuvre en 1915 : des dizaines de milliers d'hommes sont engagés pour des gains territoriaux qui restent limités.
Une nouvelle démonstration de la guerre d'usure
La deuxième bataille de Champagne constitue finalement une nouvelle démonstration des difficultés rencontrées par les armées françaises en 1915.
Le commandement français a pourtant engagé des moyens considérables : concentration de troupes, préparation d'artillerie massive, accumulation de munitions et coordination avec les offensives menées simultanément en Artois et par les Britanniques à Loos.
Malgré cette concentration de moyens, la défense allemande conserve un avantage essentiel. Lorsqu'une première ligne est enfoncée, les réserves et les lignes de soutien permettent de rétablir rapidement une position défensive.
La bataille montre donc que la puissance de feu, aussi importante soit-elle, ne suffit pas encore à provoquer une rupture durable du front.
Comme en Artois, l'offensive révèle le paradoxe de la guerre de 1915 : les armées disposent de moyens matériels et humains toujours plus importants, mais la profondeur des défenses, la puissance des mitrailleuses et la capacité des réserves à intervenir empêchent de transformer les succès locaux en victoire décisive.
La Champagne confirme ainsi que la guerre de mouvement espérée par les états-majors laisse progressivement place à une guerre d'attrition dans laquelle chaque gain territorial se paie au prix de pertes considérables.
Les Dardanelles et la bataille de Gallipoli
La guerre de 1915 ne se limite pas au front occidental. Les Alliés cherchent également une solution stratégique permettant de contourner les fronts fortifiés.
La campagne des Dardanelles
Le projet
Le projet allié consiste à forcer les détroits des Dardanelles, atteindre Constantinople et ouvrir une nouvelle voie maritime vers la mer de Marmara et la mer Noire.
Une telle opération pourrait également permettre de soutenir la Russie et de menacer directement l'Empire ottoman.
Le 18 mars 1915 : l'échec naval
Le 18 mars, une importante flotte franco-britannique tente de franchir les Dardanelles.
Les défenses ottomanes, renforcées notamment par l'Allemagne, disposent de batteries côtières et de champs de mines. Plusieurs navires alliés sont gravement endommagés ou coulés.
La tentative de forcer le détroit par la seule puissance navale échoue.
Le débarquement du 25 avril
Les Alliés décident alors de débarquer des troupes sur la presqu'île de Gallipoli.
Le 25 avril 1915, les forces britanniques, australiennes, néo-zélandaises et françaises débarquent sur plusieurs secteurs.
Les défenseurs ottomans occupent les hauteurs. Les troupes débarquées doivent donc progresser depuis les plages vers des positions dominantes.
L'ANZAC et les hauteurs de Gallipoli
Les unités australiennes et néo-zélandaises, regroupées sous l'appellation ANZAC, rencontrent une résistance particulièrement forte.
Les combats se transforment rapidement en guerre de tranchées. Les positions sont séparées par des distances parfois très faibles et les attaques répétées ne permettent pas de créer la rupture recherchée.
Suvla et la dernière tentative alliée
En août, les Alliés tentent de relancer la campagne par de nouveaux débarquements dans le secteur de Suvla.
L'opération ne permet toujours pas de débloquer la situation. Les Ottomans conservent les hauteurs et les Alliés restent bloqués sur la presqu'île.
L'évacuation
À la fin de 1915, les Alliés décident finalement d'évacuer leurs positions. Les opérations d'évacuation de Gallipoli s'achèvent au début de 1916.
L'entrée en guerre de l'Italie et le front de l'Isonzo
L'Italie appartient formellement à la Triple Alliance avant 1914, mais elle reste neutre lorsque la guerre éclate.
Après plusieurs mois de négociations avec les deux camps, l'Italie choisit finalement de rejoindre les Alliés.
Le 23 mai 1915, elle déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie.
Le nouveau front se situe principalement dans les Alpes et le long du fleuve Isonzo.
Les premières batailles de l'Isonzo
Le commandement italien, dirigé par le général Luigi Cadorna, cherche à progresser vers l'est et à menacer les positions austro-hongroises.
Les premières offensives se déroulent dans un environnement extrêmement difficile. Les montagnes limitent les axes de progression et favorisent les défenseurs.
Les Italiens lancent plusieurs offensives successives sur l'Isonzo en 1915. Elles permettent des gains territoriaux limités mais ne produisent pas la percée espérée.
Une nouvelle fois, la guerre démontre que l'offensive contre des positions préparées coûte extrêmement cher pour des résultats territoriaux réduits.
Le front oriental et la grande offensive des Empires centraux
À l'est, la situation est très différente de celle du front occidental. Les distances sont considérables et les armées disposent de davantage d'espace pour manœuvrer.
Au printemps 1915, les Empires centraux cherchent à reprendre l'initiative face à la Russie.
L'offensive de Gorlice-Tarnów
L'offensive allemande et austro-hongroise de Gorlice-Tarnów ouvre une profonde crise dans les lignes russes.
La supériorité des Empires centraux en artillerie et en munitions permet de réaliser une percée qui contraste fortement avec les difficultés des offensives sur le front occidental.
Les Russes commencent une vaste retraite. Varsovie tombe au début du mois d'août et les forces allemandes progressent profondément vers l'est.
À la fin de l'été, les Empires centraux ont repris de vastes territoires. Mais ils ne parviennent pas à éliminer la Russie de la guerre.
La campagne de Serbie
La situation dans les Balkans évolue rapidement à l'automne 1915. L'entrée en guerre de la Bulgarie aux côtés des Empires centraux modifie profondément le rapport de forces.
L'invasion de la Serbie
Le 6 octobre 1915, les forces austro-allemandes lancent une offensive contre la Serbie. La Bulgarie intervient également quelques jours plus tard.
L'armée serbe se retrouve attaquée sur plusieurs directions. Les forces alliées présentes dans la région ne sont pas suffisamment nombreuses pour empêcher l'effondrement progressif de la défense serbe.
Belgrade tombe le 9 octobre.
Les forces serbes doivent alors se replier vers le sud-ouest, puis traverser l'Albanie dans des conditions extrêmement difficiles.
Cette retraite devient l'un des épisodes les plus éprouvants de la campagne des Balkans.
La naissance du front de Salonique
L'échec des Dardanelles et l'effondrement de la Serbie conduisent les Alliés à rechercher une nouvelle implantation militaire dans les Balkans.
Dès octobre 1915, des troupes franco-britanniques débarquent à Salonique, en Grèce.
Le général Maurice Sarrail prend progressivement le commandement des forces françaises engagées dans cette région.
L'objectif initial est de soutenir la Serbie. Mais l'avance austro-allemande et bulgare rend rapidement impossible une jonction efficace avec l'armée serbe.
Les forces alliées se replient alors vers Salonique et commencent à organiser une ligne défensive en Macédoine.
Un nouveau front pour plusieurs années
Le front de Salonique ne disparaît pas avec la défaite serbe. Il devient au contraire un théâtre permanent de la guerre. Français, Britanniques, Serbes, Italiens, Russes et soldats d'autres contingents y seront engagés dans les années suivantes.
Son importance stratégique est parfois sous-estimée parce que les combats y sont moins connus que ceux du front occidental. Pourtant, ce front immobilise des forces importantes et contribue à maintenir la pression sur la Bulgarie et les Empires centraux.
Une guerre de plus en plus industrielle
L'année 1915 montre que la Première Guerre mondiale est devenue une guerre industrielle.
L'artillerie
Les canons jouent un rôle central. Les bombardements cherchent à détruire les tranchées, les réseaux de barbelés, les abris et les batteries adverses.
Mais les bombardements ne garantissent pas la destruction complète d'un système défensif. Les soldats peuvent se protéger dans des abris profonds et ressortir après le passage des tirs.
Les mitrailleuses
La mitrailleuse renforce considérablement la puissance de feu défensive. Une attaque d'infanterie à découvert peut être arrêtée en quelques instants lorsqu'elle entre dans le champ de tir d'une position bien organisée.
Les barbelés
Les réseaux de barbelés ralentissent l'infanterie et l'obligent à se concentrer dans des passages où les mitrailleuses peuvent intervenir.
Les gaz
Le chlore utilisé à Ypres en avril 1915 inaugure une nouvelle dimension de la guerre chimique. D'autres agents seront ensuite utilisés et les deux camps développent progressivement des moyens de protection.
Les casques et la protection du combattant
La multiplication des blessures à la tête conduit notamment l'armée française à adopter le casque Adrian en 1915.
Le développement de ces équipements montre que les armées ne se contentent plus de rechercher des armes offensives : elles doivent également adapter leurs soldats aux nouvelles formes de menace.
1915 et les soldats du Maine-et-Loire
Pour le Maine-et-Loire, l'année 1915 doit être étudiée avec une attention particulière.
Les soldats mobilisés dans le département peuvent se retrouver engagés sur plusieurs théâtres d'opérations, en fonction de leur unité, de leur affectation et de l'évolution de la guerre.
Les batailles d'Artois et de Champagne concernent notamment de nombreuses unités françaises. Mais les parcours individuels peuvent également conduire les soldats vers les autres fronts du conflit.
Le Mémorial 14-18 du Maine-et-Loire permettra progressivement de mettre ces événements en relation avec les parcours individuels des soldats recensés dans les communes du département.
Une précaution statistique indispensable
Les statistiques départementales présentées dans les autres parties du Mémorial sont évolutives. Le recensement des soldats du Maine-et-Loire étant encore en cours, les données relatives aux décès par année ne doivent pas être considérées comme définitives.
Les chiffres présentés dans cet article concernent donc uniquement les batailles et les estimations historiques documentées par les sources citées. Ils ne constituent pas une statistique définitive des morts du Maine-et-Loire.
1915 mois après mois
| Date | Événement |
|---|---|
| Janvier | Le front occidental reste largement stabilisé. Les combats de tranchées et les travaux défensifs se poursuivent. |
| 16 février | Début de la première bataille de Champagne. |
| 18 mars | Échec de l'opération navale alliée aux Dardanelles. |
| 22 avril | Première attaque allemande massive au chlore dans le secteur d'Ypres. |
| 25 avril | Débarquement allié à Gallipoli. |
| 9 mai | Début de la grande offensive française en Artois. |
| 23 mai | L'Italie déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie. |
| 25 juin | Fin de la grande offensive d'Artois. |
| Été | Grande offensive des Empires centraux sur le front russe et retraite massive de l'armée russe. |
| Août | Chute de Varsovie et poursuite de l'offensive allemande à l'est. |
| 25 septembre | Offensive alliée simultanée en Champagne et en Artois. |
| 25 septembre | Attaque britannique à Loos avec emploi de gaz. |
| 6 octobre | Début de l'offensive austro-allemande contre la Serbie. |
| Octobre | Débarquement franco-britannique à Salonique. |
| Automne | Poursuite des batailles de l'Isonzo sur le front italien. |
| Décembre | Évacuation progressive des forces alliées de Gallipoli. |
Pourquoi 1915 constitue une année charnière
À la fin de 1915, aucune des grandes puissances ne peut encore prétendre avoir obtenu la victoire décisive qu'elle espérait au début de la guerre.
Sur le front occidental, les offensives d'Artois et de Champagne ont démontré la difficulté de rompre un front défensif organisé. Les gains territoriaux restent limités par rapport aux pertes humaines et matérielles.
Le front oriental connaît davantage de mouvements, mais la Russie n'est pas éliminée de la guerre.
Les Dardanelles se transforment en échec majeur. L'Italie ouvre un nouveau front contre l'Autriche-Hongrie. La Serbie est envahie. La Bulgarie rejoint les Empires centraux. Les Alliés s'installent à Salonique.
La guerre est donc devenue plus vaste, plus industrielle et plus difficile à gagner rapidement.
Ce qu'il faut retenir
1. 1915 marque l'installation durable de la guerre de position sur le front occidental.
2. Les batailles de Champagne et d'Artois montrent les limites des offensives contre un front fortifié.
3. La deuxième bataille d'Ypres voit l'emploi massif du chlore sur le front occidental.
4. L'Artois devient l'un des principaux secteurs de l'effort offensif français en 1915.
5. Les Dardanelles et Gallipoli montrent qu'un théâtre extérieur ne permet pas nécessairement de contourner les difficultés de la guerre de position.
6. L'entrée en guerre de l'Italie ouvre un nouveau front dans les Alpes et sur l'Isonzo.
7. L'offensive des Empires centraux sur le front russe provoque une immense retraite russe sans mettre fin à la guerre à l'Est.
8. La défaite de la Serbie entraîne l'installation progressive d'un nouveau front allié autour de Salonique.
9. La guerre devient progressivement une guerre d'attrition, dans laquelle la capacité à produire des armes, des munitions et à remplacer les hommes devient déterminante.
1915 n'est donc pas simplement une année supplémentaire de la Première Guerre mondiale.
C'est l'année où les espoirs d'une victoire rapide s'effacent progressivement devant la réalité d'un conflit industriel et d'une guerre d'usure.
Les offensives d'Artois et de Champagne montrent que la puissance offensive des armées ne suffit pas à briser un système défensif profondément organisé.
Dans le même temps, les combats s'étendent aux Dardanelles, aux Balkans, à l'Italie et au front oriental.
En 1915, la guerre n'est plus une campagne qui s'éternise : elle devient un conflit mondial dans lequel l'épuisement des sociétés et des armées commence à devenir une dimension essentielle de la victoire.
Sources et références
Sources institutionnelles
- Ministère des Armées — Chemins de mémoire , dossier consacré aux batailles d'Artois. Source utilisée notamment pour la chronologie des offensives de 1915, les combats de Carency, Neuville-Saint-Vaast, Notre-Dame-de-Lorette, Souchez et le Labyrinthe, ainsi que pour les pertes de la période du 9 mai au 25 juin 1915.
- Ministère des Armées — Chemins de mémoire , « 1915. En finir avec les tranchées ». Chronologie et présentation des principaux théâtres d'opérations de l'année 1915, notamment les Dardanelles, l'Artois, la Champagne et les Balkans.
- Ministère des Armées — Chemins de mémoire , « Le front d'Orient : 1915-1919 ». Ressource consacrée aux Dardanelles, à la campagne de Serbie, à Salonique et à l'organisation du front d'Orient.
- Service historique de la Défense , fonds et documentation relatifs à la Première Guerre mondiale. Les documents du SHD permettent notamment de replacer les opérations de 1915 dans la chronologie générale du conflit.
- Bibliothèque nationale de France , collections et catalogues relatifs à la Première Guerre mondiale, utilisés pour compléter la bibliographie et les références historiographiques.
Références historiographiques
- Jean-Jacques Becker, La Première Guerre mondiale, Paris, Belin.
- Pierre Renouvin, La Crise européenne et la Première Guerre mondiale.
- John Keegan, The First World War.
- Hew Strachan, The First World War, Oxford University Press.
- Antoine Prost et Jay Winter, Penser la Grande Guerre.
- Rémy Porte, travaux consacrés à l'armée française et à la conduite des opérations durant la Première Guerre mondiale.
Les données relatives aux soldats du Maine-et-Loire ne sont pas utilisées pour établir de statistiques définitives dans cette fiche. Le recensement départemental du Mémorial étant encore en cours, ces données pourront évoluer.
Les références entre crochets renvoient aux sources présentées dans cette section.
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