Comprendre la Grande Guerre — 10

Décorations, citations et médailles : reconnaître les combattants de la Grande Guerre

De la Légion d’honneur et de la Médaille militaire à la Croix de guerre et à la Médaille de Verdun : comprendre comment les combattants sont récompensés, cités et commémorés pendant et après la guerre de 1914-1918

Pendant la Première Guerre mondiale, des millions d’hommes sont mobilisés et confrontés à des situations de combat d’une violence exceptionnelle. Certains accomplissent des actes de courage remarquables, d’autres sont distingués pour leur comportement au combat, tandis que certaines unités entières sont récompensées pour leur conduite pendant les opérations.

La France possède déjà, avant 1914, un système ancien de décorations. La Légion d’honneur, créée en 1802, constitue la plus haute distinction nationale. La Médaille militaire, créée en 1852, occupe quant à elle une place particulière dans le système des récompenses militaires.

Mais l’ampleur de la guerre transforme profondément les conditions de la reconnaissance militaire. La multiplication des actes de courage et des faits d’armes conduit à la création de la Croix de guerre en 1915, destinée notamment à matérialiser les citations obtenues pour faits de guerre.

À côté des décorations officielles existent également des médailles commémoratives ou locales. La Médaille de Verdun, créée par le conseil municipal de Verdun le 20 novembre 1916, en pleine guerre, constitue l’un des exemples les plus célèbres.

Étudier ces distinctions permet donc de comprendre à la fois le fonctionnement de la reconnaissance militaire, la hiérarchie des autorités qui décernent les citations et la construction progressive de la mémoire de la Grande Guerre.

Article rédigé par Guillaume BERTIN
Chercheur indépendant en histoire et responsable scientifique du Mémorial 14-18 du Maine-et-Loire

Une médaille portée sur un uniforme n’est jamais un simple objet décoratif.

Elle peut signaler un acte de courage, une distinction militaire, une citation pour faits de guerre, la participation à une campagne ou encore la volonté d’une ville ou d’une institution de conserver la mémoire d’un événement.

Mais toutes les décorations ne répondent pas à la même logique. Une Légion d’honneur, une Médaille militaire, une Croix de guerre, une médaille commémorative ou une médaille créée par une collectivité ne possèdent ni le même statut, ni la même fonction.

Comprendre ces différences permet de mieux lire une photographie d’ancien combattant, d’interpréter une fiche militaire ou de reconstituer le parcours d’un soldat à partir des traces qu’il a laissées.

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Récompenser les mérites avant la Grande Guerre

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en août 1914, la France dispose déjà d’un système ancien et complexe de récompenses. Les régimes politiques successifs ont créé, supprimé ou transformé différents ordres et décorations.

La Révolution française avait supprimé les ordres de l’Ancien Régime, considérés comme incompatibles avec l’égalité entre les citoyens. Sous le Consulat, Napoléon Bonaparte cherche cependant à reconstruire un système permettant de reconnaître officiellement les mérites.

La création de la Légion d’honneur en 1802 constitue une étape fondamentale. Elle ne doit pas être comprise comme une simple décoration militaire : dès son origine, elle doit permettre de distinguer aussi bien des militaires que des civils.

Un demi-siècle plus tard, la Médaille militaire est créée pour répondre à une autre nécessité : disposer d’une distinction particulièrement adaptée aux soldats et sous-officiers.

Ces deux distinctions existent donc depuis longtemps lorsque la guerre commence.

Mais la Première Guerre mondiale va poser un problème nouveau. Une guerre menée par des millions de mobilisés produit un nombre considérable de faits de courage. Il faut pouvoir reconnaître ces actes sans attribuer à chacun les distinctions les plus prestigieuses.

Une idée essentielle

Avant 1914, la France possède déjà des décorations prestigieuses. La Grande Guerre ne crée donc pas le système français des récompenses : elle le transforme et conduit à créer de nouveaux instruments de reconnaissance adaptés à la guerre de masse.

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La Légion d’honneur : une distinction nationale

Créée le 19 mai 1802, sous le Consulat, la Légion d’honneur constitue l’une des grandes institutions honorifiques de l’histoire contemporaine française. Fondée à l’initiative de Napoléon Bonaparte, alors Premier consul, elle a pour objectif de récompenser les mérites éminents rendus à la Nation, qu’ils soient civils ou militaires.

Cette conception est essentielle : contrairement à certaines décorations spécifiquement militaires, la Légion d’honneur n’est pas destinée exclusivement aux soldats. Dès son origine, elle repose sur le principe d’une reconnaissance des services et des mérites individuels au bénéfice de la collectivité nationale.

La création de la Légion d’honneur intervient dans un contexte de réorganisation politique et administrative de la France après la Révolution. Bonaparte souhaite établir un système de récompenses permettant de reconnaître les services exceptionnels rendus à l’État, tout en dépassant les anciens systèmes de distinctions fondés sur les privilèges et les ordres de l’Ancien Régime.

Les premières nominations illustrent cette volonté d’ouverture. Des militaires, mais également des scientifiques, artistes, magistrats, administrateurs et autres personnalités civiles peuvent être distingués. La Légion d’honneur devient ainsi un instrument de reconnaissance qui associe les différentes formes de mérite au service de la Nation.

Au fil du XIXe siècle, puis au cours du XXe siècle, l’institution évolue et s’inscrit durablement dans le système honorifique français. Elle demeure aujourd’hui la plus haute distinction nationale française, destinée à récompenser des mérites particulièrement importants au service de la Nation.

La Légion d’honneur pendant la Première Guerre mondiale

Durant la Première Guerre mondiale, la Légion d’honneur continue naturellement d’être attribuée à des militaires pour des services ou des actes particulièrement remarquables. De nombreux combattants peuvent ainsi recevoir cette distinction au cours du conflit ou après celui-ci.

Il convient toutefois de ne pas confondre la Légion d’honneur avec les décorations et dispositifs spécifiquement liés aux citations militaires de la Grande Guerre.

Une citation récompense un acte ou un comportement particulièrement méritoire accompli dans le cadre du service. Elle peut notamment entraîner l’attribution d’une Croix de guerre, créée en 1915 afin de matérialiser les citations individuelles pour faits de guerre. La Légion d’honneur répond, quant à elle, à une logique honorifique plus large et à un niveau de reconnaissance particulièrement élevé.

Ainsi, un ancien combattant portant la Légion d’honneur sur une photographie témoigne d’une reconnaissance officielle importante de ses mérites. Mais la seule présence de cette décoration ne permet pas, à elle seule, de déterminer avec certitude l’acte précis ou les circonstances ayant conduit à son attribution.

Une décoration qui doit être replacée dans son parcours individuel

L’identification d’une Légion d’honneur sur la photographie d’un ancien combattant constitue donc un indice précieux pour la recherche historique, mais elle doit être complétée par l’étude des sources disponibles.

Pour comprendre les circonstances exactes de l’attribution, il convient notamment de rechercher le décret de nomination ou de promotion, les dossiers administratifs et militaires, les citations éventuelles ainsi que les autres documents conservés dans les fonds d’archives.

Cette démarche permet de distinguer ce qui peut être observé directement sur une photographie de ce qui peut être établi par les sources historiques.

La présence de la Légion d’honneur ne raconte donc pas, à elle seule, toute l’histoire d’un ancien combattant. Elle constitue le signe visible d’une reconnaissance nationale particulièrement importante, dont le motif, la date et les circonstances d’attribution doivent être recherchés dans son parcours individuel.

Pour les photographies d’anciens combattants de la Grande Guerre, cette distinction permet ainsi de mieux comprendre la place des décorations dans la construction de la mémoire combattante et dans la reconnaissance accordée aux hommes ayant servi la France.

La Légion d’honneur n’est pas la Croix de guerre

La Légion d’honneur est un ordre national qui récompense des mérites éminents acquis au service de la Nation. La Croix de guerre 1914-1918 est une décoration directement liée aux citations pour faits de guerre.

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La Médaille militaire : « Valeur et Discipline »

Créée le 22 janvier 1852 par Louis-Napoléon Bonaparte, alors Prince-président de la République, la Médaille militaire est l’une des principales distinctions françaises destinées à récompenser les mérites des militaires.

Sa création répond notamment à la volonté de reconnaître plus largement les services accomplis par les soldats et les sous-officiers, qui disposent alors de possibilités de distinction plus limitées que les officiers.

Contrairement à la Légion d’honneur, qui peut être attribuée aussi bien à des civils qu’à des militaires, la Médaille militaire est une distinction spécifiquement liée au service militaire. Elle devient rapidement profondément associée à la reconnaissance de la valeur, du courage et des services rendus par les hommes engagés dans les armées françaises.

Une distinction créée pour reconnaître le mérite des soldats

Au début du XIXe siècle, la Légion d’honneur constitue déjà la principale distinction permettant de reconnaître les mérites individuels. Toutefois, son attribution aux militaires concerne particulièrement les officiers et les carrières les plus remarquables.

La création de la Médaille militaire permet de disposer d’une distinction mieux adaptée aux soldats et sous-officiers, dont les mérites pouvaient jusque-là être moins facilement reconnus par une décoration nationale.

Elle porte la devise « Valeur et Discipline », qui rappelle les qualités traditionnellement associées au service militaire : le courage dans l’accomplissement de la mission, mais également la discipline et le respect des obligations liées à l’état militaire.

Une cérémonie fondatrice

La nouvelle décoration connaît rapidement un important succès. Le 10 mai 1852, une grande cérémonie est organisée au Champ-de-Mars, à Paris, au cours de laquelle 1 705 soldats et sous-officiers reçoivent la Médaille militaire.

La cérémonie rassemble une foule considérable et contribue à donner immédiatement à la nouvelle distinction une forte visibilité auprès de l’armée et de la population.

Le même jour, la Médaille militaire est exceptionnellement attribuée à deux maréchaux de France. Cette attribution à de très hauts responsables militaires constitue une particularité importante de l’histoire de la décoration.

La Médaille militaire, conçue notamment pour reconnaître les mérites des soldats et des sous-officiers, peut donc également être décernée, dans des circonstances exceptionnelles, à des militaires ayant atteint les plus hauts grades. Cette pratique contribue à lui donner une place originale dans la hiérarchie des distinctions françaises.

Une décoration qui récompense différents types de mérites

La Médaille militaire ne doit pas être considérée uniquement comme une récompense attribuée après un acte héroïque sur le champ de bataille.

Elle peut distinguer des actes de courage et de bravoure particulièrement remarquables, mais également récompenser des services militaires éminents, notamment lorsqu’ils s’inscrivent dans une longue carrière au service des armées.

Son attribution doit donc toujours être replacée dans le contexte du parcours du militaire concerné. La présence de la médaille sur un uniforme ou sur une photographie ne permet pas, à elle seule, de déterminer le motif exact de la distinction.

La devise

« Valeur et Discipline »

Ces deux termes résument les qualités militaires que la décoration entend reconnaître : le courage et le respect des obligations liées au service.

La Médaille militaire pendant la Première Guerre mondiale

La Première Guerre mondiale donne à la Médaille militaire une importance considérable. L'engagement massif de millions de militaires français, la durée du conflit et l'ampleur des combats entraînent un nombre exceptionnellement élevé d'attributions.

On estime à environ 950 000 le nombre de Médaille militaires attribuées au titre de la Première Guerre mondiale, en incluant les attributions effectuées pendant le conflit et celles intervenues à sa suite. Une part importante de ces distinctions est décernée à titre posthume, afin de reconnaître les mérites de militaires morts au cours de la guerre.

Ce volume exceptionnel d'attributions témoigne à la fois de l'ampleur de la mobilisation française et de la volonté de l'État de reconnaître officiellement les services accomplis par les combattants.

La Médaille militaire peut alors récompenser des actes de bravoure accomplis dans des circonstances particulièrement dangereuses, mais également des services militaires remarquables. Il convient donc de ne pas assimiler automatiquement Médaille militaire et acte héroïque précis.

À retenir

La Médaille militaire est une décoration distincte de la Croix de guerre. Un soldat peut posséder les deux : la Médaille militaire pour la distinction qui lui a été attribuée, et une Croix de guerre portant une ou plusieurs marques correspondant à ses citations. Elle est principalement conférée aux sous-officiers pour des mérites éminents. Elle est communément appelée "La Légion d'honneur du sous-officier".

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1914 : une guerre qui bouleverse le système des récompenses

En août 1914, la plupart des responsables militaires et des combattants imaginent encore un conflit qui pourrait être relativement court. Les opérations des premiers mois montrent rapidement que la guerre prend une tout autre dimension.

Après la guerre de mouvement de l’été et de l’automne 1914, le front occidental se stabilise progressivement. À partir de la fin de l’année 1914, les armées s’enterrent dans un vaste réseau de tranchées qui s’étend de la mer du Nord à la frontière suisse. Les soldats sont désormais confrontés à une forme de combat particulièrement meurtrière, caractérisée par l’emploi massif de l’artillerie, des mitrailleuses, des bombardements et par la répétition d’assauts destinés à conquérir ou reprendre quelques centaines de mètres de terrain.

Dans ces conditions, les actes de courage et de dévouement sont nombreux. Un combattant peut rester à son poste malgré un bombardement intense, participer à la reprise d’une position ennemie, porter secours à un camarade blessé, transmettre un ordre sous le feu, maintenir une liaison entre deux unités ou poursuivre sa mission alors que ses chefs ont été tués ou blessés.

Ces actes ne peuvent pas toujours être récompensés par les distinctions les plus élevées. Il devient donc nécessaire de disposer d’un moyen permettant de reconnaître officiellement les faits de guerre accomplis par un grand nombre de combattants, tout en conservant la trace de leurs mérites.

C’est dans ce contexte, alors que la guerre s’installe dans la durée et que les combats entraînent des pertes considérables, que la France crée en 1915 une nouvelle décoration : la Croix de guerre 1914-1918.

Son originalité est de permettre de matérialiser sur la décoration elle-même les citations obtenues pour faits de guerre, grâce aux différents signes apposés sur le ruban. Elle devient ainsi l’une des principales distinctions associées à la reconnaissance des actes accomplis par les combattants de la Grande Guerre.



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1915 : la création de la Croix de guerre

La loi du 8 avril 1915 institue la Croix de guerre 1914-1918, dans un contexte où la Première Guerre mondiale s'est installée dans la durée et où les armées sont confrontées à des combats d'une ampleur et d'une intensité inédites.

Cette nouvelle décoration répond à un besoin précis : reconnaître officiellement les militaires et les unités qui se sont distingués au cours des opérations. Elle permet notamment de donner une traduction visible aux actes de courage, aux comportements remarquables et aux services particulièrement méritoires accomplis dans des situations de guerre.

La Croix de guerre est ainsi directement associée au système des citations militaires.

Une citation est une décision officielle par laquelle une autorité militaire reconnaît les mérites particuliers d'un militaire ou d'une unité à l'occasion d'une opération ou d'un fait de guerre. Elle constitue donc la reconnaissance officielle du fait accompli, tandis que la Croix de guerre en permet la matérialisation sous la forme d'une décoration.

Cette distinction est importante : la citation et la décoration ne sont pas deux récompenses indépendantes. La Croix de guerre est attribuée en lien avec une citation, et les marques placées sur son ruban permettent d'en conserver la trace.

Pourquoi créer une nouvelle décoration ?

La Grande Guerre produit un nombre considérable de faits de guerre dignes d’être reconnus. La Croix de guerre permet de distinguer ces actes à grande échelle sans réserver la reconnaissance militaire aux décorations les plus prestigieuses.

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Citation et décoration : deux réalités différentes

Pour comprendre les décorations de la Grande Guerre, il faut commencer par distinguer la citation de la décoration.

Une citation est avant tout un acte de reconnaissance. Elle décrit un comportement ou un fait pour lequel un militaire, une unité ou parfois une collectivité est distingué.

La décoration constitue quant à elle l’insigne qui matérialise cette reconnaissance ou qui répond à une autre logique de distinction.

TermeFonctionExemple
CitationReconnaissance officielle d’un fait ou d’un comportement.« Cité à l’ordre de l’armée » pour un acte accompli au combat.
DécorationDistinction officielle matérialisée par un insigne.Croix de guerre, Médaille militaire, Légion d’honneur.
Étoile ou palmeMarque portée sur la Croix de guerre correspondant au niveau de la citation.Palme de bronze pour une citation à l’ordre de l’armée.

Cette distinction permet d’éviter une erreur fréquente : considérer qu’une étoile ou une palme constitue une décoration indépendante.

Dans le cas de la Croix de guerre, ces éléments sont des marques permettant de lire les citations obtenues.

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Régiment, brigade, division, corps d’armée et armée

Les citations ne sont pas toutes prononcées par la même autorité. Leur niveau dépend de la place occupée par l’autorité militaire dans la hiérarchie.

Pendant la Grande Guerre, les citations peuvent notamment être prononcées à l’ordre du régiment, de la brigade, de la division, du corps d’armée ou de l’armée.

Le niveau de la citation constitue donc un élément important de la reconnaissance.

NiveauSignificationMarque sur la Croix de guerre
RégimentCitation prononcée à l’échelon régimentaire.Étoile de bronze
BrigadeCitation prononcée à l’échelon de la brigade.Étoile de bronze
DivisionCitation prononcée à l’échelon divisionnaire.Étoile d’argent
Corps d’arméeCitation prononcée à l’ordre du corps d’armée.Étoile de vermeil
ArméeCitation prononcée à l’ordre de l’armée.Palme de bronze

Une précision est essentielle : l’étoile de bronze correspond à une citation à l’ordre du régiment ou de la brigade.

L’étoile seule ne permet donc pas de déterminer si la citation relève du régiment ou de la brigade. Pour connaître le niveau exact, il faut retrouver le texte de la citation.

Le niveau indique l’autorité

Une citation à l’ordre de l’armée possède un niveau institutionnel supérieur à une citation à l’ordre du régiment. Cela ne signifie cependant pas qu’il serait possible de mesurer mécaniquement la valeur morale d’un acte uniquement à partir de l’échelon de citation.

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Étoiles et palmes : lire le ruban de la Croix de guerre

Le ruban de la Croix de guerre 1914-1918 peut porter des marques qui permettent de connaître le niveau des citations obtenues.

Le système est particulièrement intéressant car le même combattant peut recevoir plusieurs citations au cours de la guerre.

MarqueCitation correspondante
Étoile de bronzeCitation à l’ordre du régiment ou de la brigade.
Étoile d’argentCitation à l’ordre de la division.
Étoile de vermeilCitation à l’ordre du corps d’armée.
Palme de bronzeCitation à l’ordre de l’armée.

Le ruban devient donc une sorte de résumé visuel du parcours de reconnaissance militaire.

Plus un soldat obtient de citations, plus le ruban peut porter de marques.

Il faut cependant toujours distinguer ce que montre le ruban et ce que dit réellement la citation. La marque indique le niveau de l’autorité, tandis que le texte permet de connaître le fait précis qui a été reconnu.

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Les différents modèles de la Croix de guerre 1914-1918

La Croix de guerre de la Première Guerre mondiale n’existe pas sous un seul modèle portant exactement la même inscription.

Le conflit étant encore en cours lorsque la décoration est créée en 1915, plusieurs modèles successifs apparaissent.

Le revers de la croix peut ainsi porter différentes dates correspondant à la période du conflit.

ModèleDate portée au reversContexte
Premier modèle1914-1915Modèle correspondant à la période initiale de la décoration.
Deuxième modèle1914-1916Évolution de l’inscription pendant la poursuite de la guerre.
Troisième modèle1914-1917Nouveau modèle adopté alors que le conflit se prolonge.
Modèle final1914-1918Modèle correspondant à l’ensemble du conflit.

Ces différences sont particulièrement utiles pour l’étude des photographies et des collections.

Elles permettent parfois de dater ou de replacer un insigne dans l’histoire de la décoration, mais elles ne suffisent pas à dater précisément le moment où un combattant a reçu la Croix de guerre.

Attention à l'interprétation

Le modèle portant « 1914-1918 » ne signifie pas nécessairement que la décoration a été remise en 1918. Il s’agit du modèle de l’insigne, et non d’une date d’attribution individuelle.

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Plusieurs citations : lorsque le ruban raconte un parcours

Un combattant peut être cité plusieurs fois pendant la guerre.

Une première citation peut être prononcée à l’ordre du régiment ou de la brigade. Une autre peut intervenir plus tard à l’ordre de la division. Une troisième peut encore être prononcée à l’ordre de l’armée.

Les marques correspondant à ces citations peuvent alors être réunies sur le ruban de la Croix de guerre.

Le ruban devient ainsi une véritable mémoire visuelle du parcours militaire.

Exemple de lecture

1re citation

Citation à l’ordre du régiment : étoile de bronze.

2e citation

Citation à l’ordre de la division : étoile d’argent.

3e citation

Citation à l’ordre de l’armée : palme de bronze.

Dans cet exemple, le ruban permet de comprendre qu’au moins trois citations ont été obtenues à des niveaux différents.

Mais pour connaître les circonstances exactes, il faut retrouver les textes de citation eux-mêmes.

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Les citations à titre posthume

La guerre pose une difficulté particulière : un soldat peut accomplir un acte remarquable puis mourir avant que sa citation ou sa décoration ne lui soit remise.

La reconnaissance peut alors intervenir à titre posthume.

Cette pratique prend une importance considérable pendant la Première Guerre mondiale, compte tenu du nombre de soldats tués.

La distinction peut alors prendre une signification particulière pour la famille. Elle ne récompense plus seulement un combattant vivant : elle devient également une reconnaissance publique du comportement d’un homme disparu.

Dans les dossiers militaires et les documents administratifs, la mention d’une citation ou d’une décoration posthume permet parfois de retrouver un événement qui n’apparaît pas clairement dans les autres documents.

Une distinction et une mémoire

La décoration attribuée à titre posthume possède une double dimension : elle reconnaît officiellement un acte militaire et participe à la mémoire du soldat auprès de sa famille et de la collectivité.

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Les citations collectives et les unités militaires

La reconnaissance des mérites militaires pendant la Grande Guerre ne concerne pas uniquement les combattants pris individuellement. Les unités militaires peuvent elles aussi être citées pour leur comportement au cours des opérations.

Une citation collective reconnaît les mérites d'une formation militaire engagée dans une opération ou dans une série de combats. Elle ne récompense donc pas l'action particulière d'un seul soldat, mais le comportement et les résultats d'un groupe ayant combattu dans son ensemble.

Selon l'organisation militaire et les circonstances, cette reconnaissance peut concerner différentes formations : compagnie, bataillon, régiment ou autre unité constituée. Elle permet de conserver officiellement la mémoire des combats auxquels l'unité a participé et des mérites qui lui ont été reconnus.

Cette dimension collective est particulièrement importante dans le contexte de la guerre industrielle. Les opérations de 1914-1918 reposent sur l'action coordonnée de nombreuses unités et de milliers de combattants. La réussite d'une opération ne dépend donc pas uniquement de l'action individuelle d'un soldat, mais également de la capacité d'une unité à tenir une position, progresser sous le feu ennemi, reprendre un secteur ou accomplir la mission qui lui a été confiée.

Les unités ayant obtenu des citations collectives peuvent recevoir des distinctions et conserver les marques de cette reconnaissance dans leur histoire et leurs traditions. La Croix de guerre peut notamment être attribuée à des unités militaires citées pour leurs faits de guerre.

La reconnaissance collective ne se limite toutefois pas au monde militaire. Dans certaines circonstances, des communes peuvent également recevoir la Croix de guerre pour les épreuves subies ou les actes accomplis par leur population pendant le conflit.

Le système des citations permet ainsi de conserver plusieurs niveaux de mémoire de la Grande Guerre : celle du combattant, celle de l'unité à laquelle il appartient et, dans certains cas, celle des collectivités civiles touchées par le conflit.

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La fourragère : conserver la mémoire des citations collectives

Lorsque certaines unités accumulent des citations collectives, leur histoire peut être matérialisée par une fourragère.

La fourragère est un cordon porté sur l’uniforme. Elle rappelle les distinctions collectives obtenues par une unité.

Elle ne doit donc pas être confondue avec une décoration individuelle.

Un soldat peut porter la fourragère parce qu’il appartient à une unité qui possède un droit au port de celle-ci, même si le soldat lui-même n’a pas reçu personnellement les citations ayant conduit à son attribution.

La fourragère permet ainsi de transmettre la mémoire d’une unité d’une génération de combattants à l’autre.

Individuel ou collectif ?

Une Croix de guerre portée par un soldat peut témoigner de ses propres citations. Une fourragère rappelle quant à elle les citations collectives obtenues par son unité.

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Les médailles commémoratives

Toutes les médailles portées par un ancien combattant ne récompensent pas nécessairement un acte de courage ou un fait d’armes. Certaines ont une fonction différente : elles sont avant tout destinées à commémorer la participation à un conflit, à une campagne ou à une période particulière du service militaire.

Une médaille commémorative constitue ainsi principalement un témoignage de participation. Elle peut rappeler qu’un militaire a pris part à une campagne ou qu’il a servi dans certaines conditions définies par les textes qui régissent son attribution. Elle ne signifie donc pas, en elle-même, que son titulaire s'est particulièrement distingué au combat.

Cette distinction est essentielle lorsqu’on étudie une photographie d’ancien combattant. La présence d’une médaille permet d’apporter un indice sur le parcours militaire de son titulaire, mais sa signification dépend de la nature exacte de la décoration.

La Croix de guerre 1914-1918, par exemple, appartient à la première catégorie : elle est directement liée aux citations pour faits de guerre. Une médaille commémorative répond à une logique différente, même si elle peut être portée sur le même uniforme.

La Première Guerre mondiale contribue au développement de cette culture de la distinction et de la mémoire combattante. Aux décorations officielles s'ajoutent progressivement différentes formes de reconnaissance issues de l'État, des collectivités locales, des associations d'anciens combattants ou d'autres institutions.

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Verdun, 1916 : une médaille créée pendant la bataille

La Médaille de Verdun occupe une place particulière parmi les distinctions liées à la Première Guerre mondiale. Contrairement à la Légion d’honneur, à la Médaille militaire ou à la Croix de guerre, elle n’est pas créée par l’État français comme une décoration nationale.

Elle est instituée à l’initiative de la Ville de Verdun, qui souhaite rendre hommage aux combattants ayant participé à la défense de la ville et de son secteur fortifié.

Le 20 novembre 1916, alors que la Première Guerre mondiale est toujours en cours et que la bataille de Verdun vient de s’achever après plusieurs mois de combats particulièrement meurtriers, le conseil municipal de Verdun décide de créer une médaille destinée à honorer les soldats ayant pris part à cette bataille.

Le choix de cette date est particulièrement significatif. La bataille de Verdun n’est pas encore un événement appartenant au passé lointain : les combats viennent à peine de s’achever et la guerre continue sur d’autres fronts. Pourtant, une première volonté de conserver la mémoire de l’épreuve vécue par les combattants apparaît déjà.

La Médaille de Verdun témoigne ainsi d’une forme de mémoire née pendant même le conflit. Elle ne répond pas à la même logique qu’une décoration récompensant un acte individuel précis : elle vise avant tout à rappeler le lien entre son titulaire et la bataille de Verdun, devenue progressivement l’un des principaux symboles de la Grande Guerre.

Son caractère particulier tient également à son origine. Il s’agit d'une distinction municipale, et non d'une décoration officielle de l'État. Elle appartient donc à une histoire plus large des reconnaissances liées à la guerre, dans laquelle interviennent non seulement les institutions nationales, mais également les collectivités locales et les associations d’anciens combattants.

Pour l’étude des photographies d’anciens combattants, la Médaille de Verdun constitue ainsi un indice particulièrement intéressant. Sa présence peut orienter la recherche vers une participation à la bataille ou au secteur de Verdun, mais elle doit être confrontée aux documents militaires et aux archives afin d’établir précisément le parcours du combattant concerné.

La création de cette médaille en novembre 1916 montre enfin que la mémoire de la Grande Guerre ne s’est pas construite uniquement après l’armistice. Dès le conflit, certaines collectivités commencent à conserver et à honorer la mémoire des combattants et des événements auxquels elles sont directement associées.

Verdun et la création de la médaille

21 février 1916

Début de l’offensive allemande qui ouvre la bataille de Verdun.

1916

Verdun devient progressivement l’un des principaux symboles militaires et mémoriels de la Grande Guerre.

20 novembre 1916

Le conseil municipal de Verdun décide la création de la Médaille de Verdun.

La médaille est destinée à honorer les combattants de Verdun, qu’ils soient chefs, officiers ou soldats, ainsi que les morts de la bataille. Il est toujours possible de faire décerner une Médaille de Verdun à titre posthume pour un soldat étant passé par Verdun. Pour cela, les familles doivent prendre contact avec la Commission du Livre d'Or - Ceux de Verdun dont le siège est à Gussainville (55).

Une distinction locale devenue emblématique

La Médaille de Verdun montre que la mémoire de la Grande Guerre ne se construit pas uniquement par l’État. Les villes, les anciens combattants, les familles et les collectivités participent eux aussi à la conservation du souvenir.

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Décoration, citation, médaille : ne pas confondre

Lorsqu’on étudie le parcours d’un soldat, plusieurs termes peuvent sembler synonymes alors qu’ils désignent des réalités différentes.

TermeDéfinitionExemple
OrdreInstitution honorifique organisée selon des règles et des grades.Légion d’honneur.
DécorationDistinction officielle matérialisée par un insigne.Médaille militaire ou Croix de guerre.
CitationActe officiel reconnaissant un comportement ou un fait.Citation à l’ordre de l’armée.
Médaille commémorativeDistinction destinée notamment à rappeler une participation ou un événement.Médaille commémorative d’une campagne.
Médaille localeDistinction créée par une collectivité ou une institution particulière.Médaille de Verdun.

Ces catégories peuvent se retrouver chez une même personne.

Un ancien combattant peut par exemple porter la Médaille militaire, la Croix de guerre avec plusieurs étoiles ou palmes et une ou plusieurs médailles commémoratives.

Chaque élément doit donc être identifié séparément.

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Ce qu’il faut retenir

La France possède avant 1914 un système ancien de récompenses militaires et nationales.

La Légion d’honneur, créée en 1802, est la plus haute distinction nationale française. Elle peut récompenser des mérites civils comme militaires.

La Médaille militaire, créée en 1852, est destinée notamment aux soldats et sous-officiers et porte la devise « Valeur et Discipline ».

En 1915, la création de la Croix de guerre répond aux besoins d’une guerre de masse et permet notamment de matérialiser les citations pour faits de guerre.

Les citations peuvent être prononcées à différents niveaux : régiment, brigade, division, corps d’armée ou armée.

Ces niveaux sont indiqués sur la Croix de guerre par des étoiles et des palmes : étoile de bronze pour le régiment ou la brigade, étoile d’argent pour la division, étoile de vermeil pour le corps d’armée et palme de bronze pour l’armée.

Plusieurs citations peuvent être réunies sur le même ruban. Une Croix de guerre peut ainsi conserver la trace de plusieurs épisodes du parcours militaire d’un combattant.

Enfin, toutes les médailles ne sont pas des décorations nationales. La Médaille de Verdun, créée par le conseil municipal de Verdun le 20 novembre 1916, constitue un exemple majeur de distinction locale créée pendant la guerre pour honorer les combattants d’une bataille devenue emblématique.

Étudier les décorations permet donc de comprendre non seulement comment l’armée récompense ses combattants, mais également comment une société conserve la trace des actes accomplis pendant la guerre.

Une chronologie des principales créations

1802

Création de la Légion d’honneur par Bonaparte.

1852

Création de la Médaille militaire par Louis-Napoléon Bonaparte.

1915

Création de la Croix de guerre destinée notamment à matérialiser les citations pour faits de guerre.

1916

Création par la Ville de Verdun de la Médaille de Verdun.

Les principales distinctions et reconnaissances

DistinctionCréation / origineFonctionÀ retenir
Légion d’honneur 1802 Récompenser les mérites éminents au service de la Nation. Plus haute distinction nationale française.
Médaille militaire 1852 Récompenser notamment les militaires et sous-officiers. Devise : « Valeur et Discipline ».
Croix de guerre 1914-1918 1915 Matérialiser notamment les citations pour faits de guerre. Étoiles et palmes indiquent le niveau des citations.
Fourragère Système militaire lié aux citations collectives. Rappeler les distinctions obtenues collectivement par une unité. Reconnaissance collective, pas décoration individuelle.
Médaille de Verdun 20 novembre 1916 Honorer les combattants de Verdun. Créée par la Ville de Verdun, et non par l’État.

Une médaille peut être un objet militaire, une récompense, une preuve documentaire ou un objet de mémoire.

Pour l’historien, l’essentiel est de déterminer qui l’a attribuée, à quel moment, pour quelle raison et dans quel contexte.

Derrière chaque décoration se trouve une histoire : celle d’un homme, d’une unité, d’un combat et d’une mémoire.

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Sources et bibliographie

Sources officielles et institutionnelles

  1. Grande Chancellerie de la Légion d’honneur, Les fondements et l’histoire de la Légion d’honneur, documentation officielle consacrée à la création de l’ordre en 1802 et à ses principes.
  2. Grande Chancellerie de la Légion d’honneur, La Médaille militaire, histoire officielle de la décoration créée le 22 janvier 1852.
  3. Grande Chancellerie de la Légion d’honneur, La France — frise historique des décorations françaises, repères chronologiques sur la Légion d’honneur et la Médaille militaire.
  4. Ministère des Armées — Chemins de mémoire, La Croix de guerre d’un combattant de la Première Guerre mondiale, documentation sur la création de la décoration, ses modèles et les systèmes d’étoiles et de palmes.
  5. République française, Loi du 8 avril 1915 instituant une Croix de guerre destinée à commémorer les citations à l’ordre des armées.
  6. Ville de Verdun — Archives municipales, Verdun, devoir d’histoire — La médaille de Verdun, documentation sur la décision municipale du 20 novembre 1916 et la création de la médaille.
  7. Service historique de la Défense, archives relatives aux dossiers individuels, décorations, citations et parcours militaires.
  8. Archives de la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur, fonds consacrés aux décorés et aux décorations françaises.
  9. Journal officiel de la République française, textes réglementaires et décrets relatifs aux nominations et promotions dans les ordres et décorations.

Ressources historiques et scientifiques

  • Service historique de la Défense, fonds et instruments de recherche consacrés à l’histoire militaire française.
  • Bibliothèque nationale de France — Gallica, collections numérisées de textes réglementaires, journaux, revues et ouvrages relatifs aux décorations et à la Première Guerre mondiale.
  • Musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie, collections consacrées à l’histoire des décorations françaises.
  • Ville de Verdun — Archives municipales, documents relatifs à l’histoire de Verdun et à la construction de la mémoire de la bataille.

Pour aller plus loin

L’étude d’une décoration individuelle doit, lorsque cela est possible, être complétée par la consultation de la fiche matricule du soldat, de son dossier militaire, des textes de citations, des Journaux officiels et des archives conservées par les institutions compétentes.

Une photographie ou une médaille constitue un point de départ. Elle ne suffit pas toujours à établir avec certitude le parcours militaire ou les circonstances exactes d’une décoration.

Note méthodologique : l’identification d’une décoration ne doit jamais être confondue avec l’identification du motif de son attribution. Le modèle de l’insigne, la couleur du ruban, les étoiles ou les palmes permettent d’orienter la recherche, mais les circonstances précises doivent être vérifiées dans les textes officiels, les dossiers militaires et les sources d’archives disponibles.

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